Ensuite, la discussion s'est engagée avec Marie Classine du GENEPI (Groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées) et Mr Gallot de la FREP (Fédération Relais Enfants-Parents), deux associations agissant auprès des détenus et de leurs familles.
Les questions sont nombreuses et les réponses passionantes. Est-ce que la prison est utile ? Quelles sont les conditions de rétention ? Quelle est la marche de mannoeuvre des associations ? Comment peut-on concevoir d'emprisonner des enfants dès 13 ans ?
Loin des clichés fournis par la télé et les grands médias, les deux intervenants nous livrent une version toute autre. La prison est un milieu hostile qui rend hostile. Un monde peu adapté aux personnes qui y sont incarcérées. La durée moyenne des peines en France est de 9 mois, 80% des détenus inculpés pour des affaires de moeurs ne récidivent pas. Cela est en décallage par rapport aux reportages alarmistes et bourrés de clichés que l'on peut rencontrer dans les médias qui stigmatisent les jeunes, les pauvres et bien souvent les étrangers.
Les associations qui intervennent en prison ont de moins en moins de moyen, alors, l'administration privilégie les disciplines qui laissent les détenus loin d'un éveil, loin de la créativité, du sens de la critique. Les salles de muscus ont toujours leurs subventions, et elles sont utiles à l'épanouissement, mais les disciplines culturelles se voient amputées. La prison, ce n'est pas un sujet "vendeur", pire encore, c'est aussi un vrai commerce, un monde qu'il faut rendre rentable. Ainsi les biens de consommations y sont excessivement cher, et ce, sans raison valable.
La plupart des détenus n'ont rien à faire en prison, ils sont là pour des délits mineurs et se voient brisés par un monde qui n'est adapté à personne. Quelles sont les alternatives ? Les aménagements de peine, le bracelet électronique, ces méthodes semblent plus humaines, mais elles restent couteuses et pas assez développées.
L'UMP n'a de cesse de nous dire que certaines populations et certains quartiers sont des viviers de délinquants. La cause n'est pas là. Personne ne rêve de vivre de bizness, au risque de se faire serrer. C'est la précarité, l'injustice, la ghettoïsation, la misère qui créent la délinquance, non pas l'inverse.Nicolas Sarkozy propose de fichers les enfants de 3 ans pour dépister les futurs délinquants, nous lui répondons : éducation, prévention, culture, emploi, formation, épanouissement, abrogation des lois sécuritaires et des lois anti-jeunes !
Pas de justice, pas de paix !
Pas de justice, pas de paix !
Prochaine étape du festival : Soirée sur le capitalisme, samedi 17 mars, à Champigny


